Qu’est-ce que l’encéphalitozoonose chez le lapin ?
L’encéphalitozoonose est une maladie causée par un parasite apparenté aux champignons qui répond au nom barbare de : « Encephalitozoon cuniculi » (abrégé E. cuniculi)
Lorsque les lapins sont atteints, ceux-ci peuvent présenter classiquement trois types de symptômes :
- Neurologiques : des pertes d’équilibre, un torticolis, du nystagmus (les yeux effectuent des mouvement incontrôlés)
- – Urinaires : une soif importante et des urines abondantes, une incontinence, des souillures liées à des traces d’urine sur le bas-ventre
- – Ophtalmologiques : un changement de l’aspect du contenu de l’œil, une douleur à l’œil
Mais parfois, ceux-ci peuvent avoir des symptômes non spécifiques, comme des épisodes récurrents de ralentissement de transit, une perte de poids inexpliquée, de la maigreur, une boiterie… ou rien du tout !
Comment diagnostiquer cette maladie ?
La méthode la plus appropriée consiste à effectuer des biopsies des organes où le parasite est actif, ce qui n’est pas toujours réalisable, car les endroits où E. cuniculi se multiplie sont le système nerveux central, les reins et le cristallin. En revanche, il est possible de trouver des indices de son séjour.
En effet, le système immunitaire du lapin va réagir aux spores et va fabriquer des anticorps pour combattre cette infection. C’est pourquoi une sérologie va pouvoir aider à poser un diagnostic.
Attention, la sérologie ne permet pas de diagnostiquer avec certitude une infection à E. cuniculi puisque d’autres maladies peuvent avoir les mêmes symptômes. Le vétérinaire qui suit votre lapin veillera donc à exclure d’autres pathologies qui peuvent y ressembler.


Existe-t-il un traitement ?
Oui, il existe un traitement qui permet de limiter la multiplication du parasite. Malheureusement, il n’y a pas d’efficacité prouvé quant à une complète élimination de E. cuniculi du corps du lapin, puisque certaines spores peuvent rester dormantes, à la fois dans l’organisme et dans l’environnement.
Est-ce que le traitement permettra à mon lapin de recouvrer toutes ses facultés ?
Il n’est pas possible de savoir à l’avance comment le lapin va évoluer au cours de sa maladie. Il peut y avoir des hauts et des bas.
Ce qui est très important, c’est de ne pas condamner le lapin rapidement : beaucoup d’animaux sont capables de vivre avec une tête penchée et quelques pertes d’équilibre. D’ailleurs, malgré leurs symptômes, beaucoup de lapins souffrant d’encéphalitozoonose conservent un appétit normal.
La physiothérapie peut aider votre lapin à se rééduquer, mais aussi l’ostéopathie, l’acupuncture et le laser. L’encéphalitozoonose n’est pas une course de sprint, mais un marathon.
Comment peut-on prévenir cette infection ?
Même en l’absence de symptômes, il est possible de tester son lapin pour savoir s’il a rencontré ce parasite. En cas de sérologie positive, le traitement peut être proposé par votre vétérinaire.
Peut-on traiter son lapin en préventif, en l’absence de sérologie ?
Il n’est pas conseillé de traiter son lapin sans preuves objectives d’une infection active. En effet, il peut y avoir des effets secondaires au traitement tels qu’une anémie ou le développement de douleurs abdominales.
Existe-t-il un vaccin ?
Non, il n’y a pas de vaccin contre l’encéphalitozoonose à ce jour.
D’autres espèces peuvent-elles être atteintes ?
Oui, depuis peu, il est reconnu que le cochon d’Inde peut aussi souffrir d’encéphalitozoonose.
Est-ce que l’homme peut attraper l’encéphalitozoonose ?
Il est possible que l’homme puisse souffrir d’encéphalitozoonose, en particulier les individus fragiles comme les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les individus malades (sous chimiothérapie, nouvellement greffés etc.)